UNE ANNONCE QUI PROCURE LA JOIE

« Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
-Jean 15,11

Lors du culte de Pâques le dimanche 5 avril 2026 à la salle de Fraternité, les chrétiennes et les chrétiens de l’Église Protestante Unie de Saint-Nazaire présents ce jour-là ont donné de la voix pour célébrer cet événement fondateur qui marque le début d’une histoire nouvelle pour notre humanité : l’histoire du salut en Jésus-Christ. La résurrection ouvre un horizon inédit, une espérance vivante qui traverse les siècles et rejoint encore aujourd’hui chacune et chacun.

Mais n’oublions pas que pour les premiers témoins, cette annonce n’allait pas de soi. Leur joie était réelle, mais mêlée de crainte, d’incompréhension et d’hésitation. Comment dire l’indicible ? Comment annoncer une telle nouvelle sans être submergé par le doute ou la peur du regard des autres ? Peu à peu, cette tension intérieure a laissé place à une forme de repli. Et pourtant, les paroles de Jésus résonnaient encore en eux : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » (Jean 15,11).

C’est précisément dans ce passage entre la peur et l’audace que se situe la Pentecôte. Car si Pâques inaugure la victoire de la vie sur la mort, la Pentecôte en est l’élan missionnaire. Elle est le moment où tout bascule : les disciples, encore enfermés dans leurs incertitudes, reçoivent le don de l’Esprit Saint. Ce n’est pas seulement un réconfort intérieur, mais une véritable puissance de vie et de témoignage. Comme il est écrit : « Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1,8).

La Pentecôte n’est donc pas un simple souvenir liturgique ; elle est une réalité toujours actuelle. Elle marque la naissance d’une Église en mouvement, portée non par ses propres forces, mais par l’Esprit de Dieu. Cet Esprit transforme la peur en courage, le silence en parole, le doute en foi agissante. Là où les disciples se cachaient, ils se mettent à annoncer publiquement la Bonne Nouvelle. Là où régnaient les barrières de langue et de culture, l’Esprit crée une communion nouvelle.

Aujourd’hui encore, en tant que chrétiennes et chrétiens, nous sommes appelés à vivre de cette même dynamique. Il ne s’agit pas simplement de reproduire un message, mais de se laisser habiter par une présence : celle de l’Esprit Saint. La joie à laquelle nous sommes invités ne se confond pas avec un enthousiasme passager. Elle s’enracine dans une rencontre personnelle avec le Christ vivant. Elle est stable, profonde, capable de traverser les épreuves.

La Pentecôte nous rappelle aussi que nous ne sommes pas seuls dans la mission. Si Dieu nous envoie, c’est parce qu’il nous fait confiance et qu’il nous équipe. L’Esprit Saint nous précède, nous accompagne et agit en nous. Il nous donne les mots quand ils manquent, l’audace quand la peur nous freine, et la paix quand le monde devient trop bruyant.

Dans un monde souvent marqué par l’inquiétude, les tensions et une avalanche de mauvaises nouvelles, l’Église a plus que jamais un rôle à jouer. Portée par l’Esprit de Pentecôte, elle est appelée à être signe d’espérance. Elle annonce que le tombeau est vide, que la mort n’a pas le dernier mot, que la vie a triomphé. Elle proclame que l’Esprit est donné à tous, sans distinction, et qu’un avenir est ouvert.

Cette Bonne Nouvelle n’est pas réservée à quelques-uns. Elle est pour chacune et chacun : pour toi aussi, femme ou homme de ce monde. Elle t’invite à entrer dans cette joie, à découvrir cette présence, à accueillir ce souffle nouveau qui peut transformer une vie.

Oui, si nous accueillons la joie du Seigneur, alors quelque chose change. Nous pouvons oser parler, oser témoigner, oser vivre autrement. Non pas par obligation, mais par élan intérieur. Non pas par contrainte, mais par amour.

Que ce temps qui nous conduit de Pâques à la Pentecôte soit pour chacun une occasion de nous ouvrir davantage à l’Esprit Saint. Qu’il renouvelle en nous la joie, la foi et le courage d’annoncer l’Évangile.

Bonne lecture, dans la joie vivifiante de l’Esprit Saint.

Pasteur Patrice FONDJA NOUNDOU


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