Fin septembre, notre église a repris les groupes de maison.
Pour cette nouvelle année, nous avons choisi de partager ensemble sur le thème de la rencontre, et nous avons débuté ce nouveau cycle à travers un texte biblique bien connu : la parabole du Fils prodigue, racontée par l’évangéliste Luc au chapitre 15.
Une œuvre d’art, un regard de foi
Cette parabole a inspiré de nombreux artistes, dont Rembrandt, qui en a fait une peinture majeure à la fin de sa vie, en 1668.
Ce tableau, de grand format (262 x 205cm), est aujourd’hui conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Les personnages y sont presque à taille humaine, comme si Rembrandt avait voulu se placer au cœur même de la scène, pour la vivre de l’intérieur.
Peindre une telle œuvre a dû demander des mois de travail, l’occasion pour Rembrandt de méditer longuement sur ce texte. Et l’on imagine combien cette contemplation a pu agir sur son regard de peintre.
Comme l’a dit Paul Klee, grand artiste du XXe siècle :
« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. »
De même, les paraboles de Jésus rendent visible quelque chose d’invisible : le cœur de Dieu.
Une histoire aux multiples visages
Le titre « Le fils prodigue » ne figure pas dans le texte original. Il a été ajouté pour repérer le passage, mais il peut parfois réduire la portée du récit. Car cette parabole ne parle pas seulement d’un fils, mais de trois personnages : le père, le fils cadet et le fils aîné.
Le plus jeune quitte la maison paternelle, attiré par le désir d’aventure, de liberté ou de plaisir. Mais ses illusions se brisent. C’est alors qu’il choisit de revenir vers son père, humblement, reconnaissant ses erreurs.
Et là, à sa grande surprise, le père l’accueille les bras ouverts.
Aucune remontrance, aucune condamnation : seulement la joie des retrouvailles.
« Mon fils était mort, et il est revenu à la vie. Il était perdu, et il est retrouvé. »
Le regard du fils aîné
Mais la parabole ne s’arrête pas là.
Le fils aîné, lui, se met en colère. Il ne comprend pas pourquoi son père célèbre le retour de son frère. Il se sent injustement oublié, lui qui a toujours été fidèle.
Pourtant, le père lui dit :
« Toi, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi. »
Le fils aîné ne voit pas le bonheur qu’il possède déjà. Sa jalousie et son ressentiment l’empêchent de goûter à la joie de la présence du père.
C’est une leçon pour nous aussi : combien de fois oublions-nous la présence de Dieu dans notre vie ?
Combien de fois négligeons-nous ce trésor immense qu’est son amour inconditionnel ?
Un amour sans condition
Dieu aime ses deux fils.
Il ne récompense pas les mérites : il aime gratuitement.
Mais celui qui croit devoir mériter cet amour ne peut en profiter pleinement.
Jésus, lui, fils aîné de Dieu, a toujours été avec le Père, soumis à la volonté du Père.
« Le Père et moi, nous sommes un…Tout ce que le Père possède est aussi à moi »
(Evangile de jean)
Et pourtant, par amour pour nous, Jésus a donné sa vie pour que nous retrouvions les bras du Père.
Il est dans la joie chaque fois qu’un seul pécheur se tourne vers Dieu !
Frères et sœurs, Jésus se réjouit quand nous revenons à notre Père.
Cette parabole, à elle seule, contient peut-être toute la richesse de la Bible : elle nous parle de repentance, de pardon, et d’amour inconditionnel.
Pour aller plus loin
Continuons, dans nos groupes de maison, à méditer ces paraboles que Jésus nous a laissées.
Elles ne donnent pas des réponses toutes faites — elles ouvrent des chemins de réflexion, de foi et de rencontre vers le Père.
– Colette Baconnais
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